Il y avait une flaque Simple flaque Dans mon cœur dilaté C'était une flaque D'eau ou d'essence À mes pieds Qu'importe
Il y avait une flaque Imaginaire Dans laquelle je pouvais Divaguer
Le pétrole ondulait J'y mettais du bleu Il se fit océan Et devint ciel aussi Quoi de plus semblable Aux heures calmes de la nuit
Il devint l'essence Des eaux qui vont et viennent Au gré des marées
Il devint L'essentiel d'un regard Qu'il me fallait traverser
Dans l'anse des miroirs Souviens-toi des paroles Que tu nierais Souviens-toi des promesses Trop tôt arrachées Des regards trop grands Pour la petite que j'étais
La limite franchie À bout de solutions Une voie s'ouvre Où je ne me retourne plus
Et je laisse tes rappels Au chapitre Des grands blancs
Et je laisse nos coïncidences À la préface Des penseurs résignés
Il est temps D'expier les offenses Qui se punissent Pour mieux renoncer
Il est temps d'avancer Sans remords Vers la lumière Qui me pardonne Parce que j'ose la contempler Parce que j'ose me consoler De me balancer sans toi Sur l'escarpolette Du rire
Quand de nous je revisite l'espace Comme une citadelle envahie
Quand je m'agite comme une erreur Dans une toile d'araignée
Quand je me sens traquée Double et sans repères
Quand je parle à la place d'une autre Qui a trop parlé
Quand je défends les jalousies Qui ne sont pas les miennes
Quand j'oublie que tu luttes que tu souffres Et que tu te bats aussi
Quand je nie que tu sais et comprends Avant que je te dise
Quand tu te tais L'œil triste Et que déjà je regrette
Quand j'explose ton sourire Comme un éclat de verre
Quand je me sens prise de soupirs Et de gouffres amers
Ma peine creuse une fissure qui incendie mon âme Et me lance des gifles indolores Parce que je te brise Parce que je te casse Toi que j'aime De peur de te voir t'envoler
Parce que je brise Parce que je casse L'essentiel de notre vie Au lieu de l'admirer