dimanche 14 juillet 2019

Jeune fille à la perle

à écouter ici: https://www.youtube.com/watch?v=fD3M0O0MckQ



  
Qu'es-tu devenue
Jeune fille à l'orient de nacre?
Longtemps je t'ai regardée
Au point de ne plus me voir
Fragment de perle
Du jour après jour
Des années de peaux
J'ignorais qu'à nu
Je te ressemblerais
Plus tard
J'ignorais que ton portrait
Sur le mur
Me racontait mieux
Que tout ce qui fut dit
De trop

Qui de toi ou de moi
Est devenue celle qui avance
Une perle à l'oreille
Pour mieux se souvenir?

N'étions-nous pas bien pareilles
Sous son regard à elle?

Elle nous surveillait
Ses petits pieds sur des coussins d'or
Que je caressais sans fin
Je mimais sa cigarette
Sans jamais la goûter
Ses cendres jonchaient le sol
Quand sous les fauteuils
L'air de rien
Elle les dissimulait

Et nous vivions
Du grand écart
De notre amour de berceau
Des baisers plein les mains

Elle mit la flamme à mes lèvres
Et les mots dans mes poches
Elle mit face à moi
La beauté pure
Des dormeuses
Qui ont la patience d'une vie
Pour trouver une oreille
Prête à les entendre



Poème, musique et voix © Marjorie Tixier

Huile sur toile, La jeune fille à la perle (Meisje de parel)
Johannes Vermeer, vers 1665
Musée du Mauritshuis, La Haye, Pays-Bas

jeudi 11 juillet 2019

Rencontre-lecture à la bibliothèque d'Allevard

Dernière présentation de Un Matin ordinaire version Librinova le lundi, 8 juillet à la bibliothèque d'Allevard.
 

Un moment de lecture et d'échange très agréable et intéressant animé par des questions pointues de Claude Bachelier pour évoquer ma poésie à travers Ile des offrandes et Sentier des promesses.
 
J'ai eu plaisir à échanger avec des lectrices et lecteurs attentifs et curieux.
Merci d'être venus découvrir mon univers!
 
Vivement la sortie de mon roman au Fleuve en janvier pour reprendre la route des rencontres avec les lectrices, les lecteurs et les libraires de tous horizons...
 
Merci à la bibliothèque d'Allevard et à Claude Bachelier pour leur invitation et leur accueil!
 
 
Voici l'article rédigé par Claude Bachelier dans le réseau des bibliothèques du Grésivaudan:

Marjorie Tixier a été l'invitée des Rencontres de la Bibliothèque le 8 juillet.

 
Une belle et sympathique rencontre avec Marjorie Tixier, qui a su nous faire partager son amour des mots et des voyages.
Valparaiso, port mythique s'il en est, revient dans son livre, "un matin ordinaire", comme un départ rêvé, mais avec une réelle arrivée,  une nouvelle vie pour effacer, à tout jamais, les effluves venimeuses d'un matin pas vraiment ordinaire.
Et les mots de ses poèmes, mêlent l'imaginaire,  cette "fillette aux cheveux tressés" et la beauté "d'un cœur collier de pétales doux".
"Écrire loin, revenir près", nous souffle t-elle pour mieux nous emmener découvrir "les pierres violettes, à petits pois" sur un chemin de Corse...
Avant de nous quitter, elle nous confie, presque en confidence, "quand j'écris, je vis. Je suis habitée par l'écriture."  Y a t-il une plus belle définition de ce qu'est l'écriture?
 
Claude Bachelier, https://bit.ly/2LK6IcY

dimanche 23 juin 2019

Poésie d'évasion

 
Sur la route
 
Sur la route
À marcher, à courir
À croquer de mes mains rugissantes
À inventer demain
Au hasard des possibles
À construire le cœur et le courage
Dans la voix confuse
Des hypothèses
Qui narguent l'avenir
Sur la route
Sublime et exaltée
Toujours à réinventer
J'avance
J'avance avec toi
 
 
 
 
© Marjorie Tixier
© Photographie: Chili

vendredi 7 juin 2019

Dans la fragrance des seringas...

Et si la lecture d'Identité vous enivrait comme la fleur du seringa dit "jasmin des poètes"?
 
Bonne lecture et bon week-end...
 
 
 

lundi 27 mai 2019

Le café vous inspire?

Nouveau poème à lire, à écouter, à regarder...



D'un mot à la note

Quand le café coule dans la tasse
Et que les pages ont tourné
Achevées
Alignées
Le titre bien placé
La photo inversée

Quand la mélodie coule
Du piano
Alors que je bois
Le stylo à la main
Dans le matin gris
Des printemps refusés
J'entends l'oiseau
Je vois l'instant
Et je bois
À tout ce qui se prépare
Jusqu'à la mousse
Qui sait où aller
Je bois le noir
Je bois le noir des forces retrouvées

Dans le matin gris
Où les pages sont rangées
Je sens l'eau qui tourne
Dans mes jambes
Pour me retourner
Il est de ces métiers
Qui se tissent dans l'ombre
De ces soleils intérieurs
Qui embrassent les ombres
Le café a coulé
Je l'ai bu
Jusqu'à la mousse
Et l'encre se répand
Doucement
La musique aux lèvres
Dans le sifflement latent
Je bois toujours
Seule avec tous
Dans les matins brumeux
Qui deviendront lumière
Je bois
D'un mot à la note
Et d'une page au livre
Pour que vibrent les instants
Qui peu à peu me dessinent

© Marjorie Tixier

vendredi 10 mai 2019

Le GR20 a perdu un refuge

Poème en hommage au refuge Ortu di u Piobbu qui ouvre ou clôture le GR20 corse, si cher à mon coeur, et qui a disparu dans un incendie cette semaine...
 
 
 
Ortu di u Piobbu
C'est l'instant
Où l'on devient
Un élément du décor
Instant ambigu
Où les vertèbres minérales
Se fendent
En colonne écartelée
La montagne n'attend rien
Elle retient pourtant
Toujours duelle
Pour semer le doute
Sur nos présences
Aux traces envolées
Chacun notre tour
Courbés sur les barres rocheuses
Allons
Au refuge rouge et anis
Planter notre graine d'éternité
Le soir sera flamboyant
Firmament pourpre
À l'aplomb des crêtes noires
Pointues comme des majuscules
La lune en croupe sera virgule
Blanche d'insomnie
Pour attendre demain
Et avoir le mot de la fin
Marjorie Tixier, Sentier des promesses, éditions Encres vives.
Photographie: refuge Ortu di u Piobbu, 2017

lundi 6 mai 2019

"Identité" trace sa route!

Déjà 300 lecteurs !
 
Merci pour vos commentaires qui flottent sur les eaux de ma création...
 
 
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