dimanche 27 août 2017

J1: Etape Conca- Refuge d'I Paliri





I Paliri

 

C'est un œil d'azur
À la poupe du Tafunatu
Au loin
La mer pâle
Maquillée de nuages bas
Ils se toisent
Les pins laricio ont fini
D'y prêter attention
Pour laisser leurs cônes
Palpiter comme des flammes
Sur un chandelier d'aiguilles

Avec les heures
La pupille du Tafunatu
Pâlit elle aussi
Elle sera noire ce soir
Peut-être invisible

Ainsi va la couleur
D'un ciel qui marche
Pas à pas
Sur le sentier mythique
 
 
© Marjorie Tixier, Recueil en cours, GR20 2017
Photographie: Punta Tafunatu di I Paliri, Corse

samedi 26 août 2017

Point de départ



C'est ici que tout commence, à Conca, au Sud de la Corse.

Nous allons y passer la nuit, dans une jolie tente rouge, avant de prendre la route demain matin pour rejoindre le refuge d'I Paliri.



Conca

 
Grand silence
Dans la montagne basse
Où la chaleur ondule
Sur la croix des tombes

Point de départ
Ou point d'arrivée
Conca
Tes rues bordées de lauriers
Pomponnent
De rose et de blanc
Comme un éclat de rire juvénile

Tes maisons désertées
Siestent dans l'ombre
Des cyprès
Ce sont deux garnements
Poussés en flèche
À l'assaut du clocher
Deux sentinelles végétales
En contrepoint
Des pierres ancestrales

Un peu plus loin
La fragrance étourdie
D'un eucalyptus
Vient me tendre la main
Pour de proche en proche
D'aussi loin que je revienne
Me parler encore
De mes délivrances anciennes

 

© Marjorie Tixier, Conca, 12/07/2017




vendredi 25 août 2017

Préparez-vous au départ!


 Conca - Calenzana en 16 jours, ça vous tente?
 


 Je vous y emmène en poésie!

 16 étapes: 16 poèmes
 
Allez, on se retrouve demain à Conca pour une randonnée de 170 Km à travers la montagne corse.


Croire en l'instant


À porter loin
Les jours sans attente
On voit deux bateaux blancs
Flotter dans les nuages
La mer est si pâle
Qu'elle ne les porte plus
Ils vont et se croisent
En toute indépendance
Flottille sans heurt
À l'assaut des partances


© Marjorie Tixier, recueil en travail

mercredi 23 août 2017

Je vous emmène?

Laissez-moi au fil des jours vous emmener sur un sentier mythique et donner vie, petit à petit et sous vos yeux, à un nouveau recueil de poésie...

Alors... On y va?
 
 




Maillon secours

 
Pareille au pilote
Qui va et vient
À quai
Sans jamais quitter
Le port
Je salue le phare
La bouée toujours prête
Négligeant l'horizon

 
En moi
Le vide
Et la peur de perdre
Sans jamais gagner


En moi
Le manque
Et le poids abyssal
D'un abandon ancestral


Le pilote n'est pas triste
Il va un peu
Et s'en retourne
Tranquille

 
Il n'est pas moi
Sur le pont le plus haut
À entendre le départ
Dans la torpeur du moteur


Il n'est que ce que je fus
Avant
Le maillon secours
Qui relie
Sans rien demander

 

© Marjorie Tixier, port de Nice, 10/07/2017

dimanche 13 août 2017

En vacances!

La Danse du feu s'invite dans les calanques!
 


 
Merci Aurélien pour cette belle photo et bonne lecture...

vendredi 7 juillet 2017

Poésie à écouter...



Suivez ce lien pour écouter mon poème sur un air de piano que j'ai composé.

 Bonne écoute !


Elle dit


Elle dit
Qu'il a fallu transcender
La vie pour s'y tenir
Laisser l'âme
Explorer le beau
Pour revenir
Elle dit
Les pieds seront mouillés
Éclaboussés de flaques
Interdites
Elle dit
Les nuits seront
Encore sauvages
Opaques et transparentes
À ôter les sept voiles
Pour cueillir la raison
Elle dit
Les jours longs
Défieront les larmes
Pour assumer le silence
Et réinventer un chemin
Elle dit
La mue n'est pas comète
La mue passe les saisons
La mue se prépare
Dans le temps sage
Qui ne se compte plus
Elle dit
Le passage du ventre
À la voix perdue
De l'étouffement
Aux jambes de plomb
Elle dit
L'invention d'une recomposition
La couleur d'un corps
Qui ne s'était jamais vu


© Marjorie Tixier, 20/05/2017
Photo: © Quentin Maerten, Chili

mardi 4 juillet 2017

Poésie nocturne...


Au cœur de la nuit


Qui tremble
À la femme
Que je deviens
La femme écrit
Et ne sort plus
Elle joue des tours
Et s'amuse
Sans bruit
Dans sa tour de verre
Au cœur de la nuit
Sa fillette la suit
Jolie petite fille
Qui va les pieds
Nus pour
Sentir
La terre humide


La femme navigue
Et ne sort plus
Emportée sur les ailes
De sa vérité
Elle va, sème
Laisse pousser
Repousser ses cheveux
Sacrifiés
Punie, elle pardonne
Sa fillette pour en rire
Et en danser
Sur les branches immenses
De son arbre de pluie

La femme écrit
Laisse le reste
Et trace sa ligne
Forte d'être mère aussi


© Marjorie Tixier, in Regard intérieur, 2017
Photographie, © Muriel Tixier, Lune, Noël 2017, Savoie